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Nos Boutiques

Aurélie Rimbert - Architecte

Aurélie Rimbert, avec qui nous venons juste de finaliser le projet de la nouvelle boutique située 55bis rue des Saint-Pères à Paris, a gentiment accepté de répondre à quelques questions. Elle nous parle de son parcours, de ses projets mais également nous en dit un peu plus sur toute la reflexion autour de cette nouvelle boutique.


Peux-tu te présenter en quelques mots ?

Je suis Aurélie Rimbert, architecte d’intérieur, scénographe et designer.

J’ai créé mon agence il y a 12 ans. En 2012, j’ai dessiné des malles qui ont été éditées par la Galerie Gosserez puis qui m’ont values d’être nommée Talent à la Carte au salon Maison et Objet. Depuis lors, je conçois des lieux, musées, stands, boutiques, bureaux et résidences de particuliers en France, en Italie et au Maroc.

Quels ont été tes précédents chantiers ?

Mes projets marquants sont la Résille réalisée pour le Salon Art Elysées pendant la FIAC, un musée / cabinet de curiosités en Anjou, des meubles sur-mesure réalisés pour des particuliers où le dialogue avec ces passionnés a permis d’écrire des pièces insolites et laisser libre cours à mon imagination. Dans d'autres pays, j'ai également collaboré avec Cristiana Cutrona, en Italie, pour le dessin des sièges sociaux de Microsoft et de Facebook, le Parquet Ecossais imaginé pour un appartement, la boutique Avril Gau et plus récemment une surface plissée dessinée pour une chorégraphe. Actuellement, nous travaillons à un projet de stand, une villa à Rabat et dernièrement, la livraison de la boutique Sessùn !

Peux-tu nous parler de ton métier ? Comment s'articulent tes projets de manière générale ?

Mon travail, c'est d'imaginer le concept et de le dessiner, mais je suis aussi maître d'œuvre ce qui signifie que je consulte des entreprises, j'approuve les devis, et j'assure le suivi du chantier de A à Z jusqu'à la livraison du projet. C'est un métier très complet, avec de nombreuses tâches techniques. J'aime autant dessiner que réaliser le prototype et enfin voir le projet prendre vie.

Quelle a été la commande initiale pour ce shop parisien rue des Saint Pères ?

Nous avions démarché Emma en lui disant combien on se sentait proche de sa marque et de son vestiaire. Quand elle a été prête, nous avons fait connaissance au showroom à Paris, elle connaissait tous nos projets, et nous a proposé de nous occuper de la boutique Rue des Saint-Pères. Quelle joie !

Avais-tu des exigences à respecter ?

Il fallait faire vite, la boutique devait ouvrir en septembre, or nous étions déjà début juin ! Nous avons mis en tout deux mois pour redonner vie à cette ancienne boutique pour enfants. Lors du premier rendez-vous, nous avons étalé, dans un joyeux mélange, les matières, cordes et croquis d’idées qui semblaient traduire la pensée d’Emma. Elle était emballée, nous avons déroulé l’histoire. Cela nous plaisait de parler du vêtement et de lui emprunter tissu et couture pour créer une peau accueillant les portants.

Je m’explique : la double piqure sellerie, le zip, la broderie, la passementerie, autant d’attributs liés à la couture, qui nous ont conduits à gainer les meubles, à imaginer des charnières souples, à dessiner un projet houssé à la manière des armoires houssées des années 80 ou des tentes dont le tissu était tendu sur des mâts ! Ce qui nous importait également était d’évoquer l’artisanat cher à Emma et commun à nos obsessions. En visitant le showroom, il y avait ces supers colliers en céramique, ces plastrons-bijoux en terre cuite, ces cordes et tissages.

D'après toi, en quoi cette boutique reflète l'état d'esprit Sessùn ?

Il y a avait chez nous l’envie de raconter le caractère enjoué et léger de la fille Sessùn.

Porter une robe, chausser des sandales et attraper sa pochette ou son cabas, c’était faire entrer un peu de soleil à Paris ! D’ailleurs, on s’est demandé si on installait un grand canapé « comme à la maison » . Communiquer la convivialité de l’esprit Sessùn nous semblait important.

Plus concrètement, comment avez-vous conçu cette boutique ?

Le lieu, formant un long rectangle, clairsemé de poteaux, nous a plu d’emblée.

Considérant le timing très court, nous nous sommes littéralement posées dedans !

Nous avons conservé le parquet, les moulures, le plafond. Nous avons habillé les murs de tissu et nous nous sommes enroulées autour des poteaux, avec des plateaux gigognes, un meuble coiffeuse, le meuble caisse et vitrine. Les poteaux devenaient un peu des fils sur lesquels on enfilait des perles, au sens propre comme au figuré, en les encapsulant avec des Tuiles réalisées par un potier et en les enroulant de cordages issus du nautisme.

En quoi as-tu apporté ta patte, ta signature, à ce projet ?

À l'Atelier, notre marque de fabrique est de répondre à une commande avec rigueur, remplir le cahier des charges des dix portants, scénographier un parcours d’achat, mais aussi séduire les clientes, leur donner envie de revenir en créant des moments forts/expériences, qui passent par le fait d'essayer un vêtement, chausser ses pieds, puis se regarder dans un miroir, et naturellement faire sourire, tout en faisant preuve de fantaisie et en soignant les détails. Dans les meubles, la décoration et l'agencement, j'aime partir du code des vêtements, de la façon de les fabriquer. Par exemple, j'aime beaucoup les piqûres brunes sur le denim d'un jean. On a voulu faire pareil dans notre travail. Et l'avantage, c'est qu'avec Emma, on se comprenait sans même se parler !

De qui t'es-tu entourée pour concevoir ton travail ?

Je dois dire que je suis bien épaulée pour aboutir ces idées, tout d’abord par Elisabeth qui dessine et modélise les plans, BEC qui a répondu présent tout de suite pour enchaîner les travaux généraux et un fidèle Jean-Brieuc, ébéniste de son métier, qui met en œuvre, avec brio, bois et tissu.

Justement, peux-tu nous parler plus précisément de ta collaboration avec Jean Brieuc ?

Je l'avais rencontré en 2012, et je lui avais confié un premier projet. De là est née notre collaboration. On se fait grandir mutuellement. Il m'ouvre à des matériaux car il conçoit son métier d'ébéniste un peu comme celui d'un couturier. Il accompagne réellement les projets, il a envie de suivre une idée de bout en bout et de lui faire prendre forme, et en cela, ce n'est pas qu'un simple collaborateur. C'est un vrai touche à tout et sur ce coup, j'étais sûre de son travail. 

Si tu devais qualifier ce travail sur la boutique en une phrase ? 

Ce projet a combiné tellement de matériaux, de couleurs, de finitions, d’arrondis différents que ça l’a rendu complexe mais subtile à la fois. En un mot : un régal !